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Auguste Herbin Tapis d’artiste

Auguste Herbin (France, 1882 – 1960)

Auguste Herbin naît à Quiévy en 1882. Il décède à Paris en 1960.

Auguste Herbin passe sa jeunesse au Cateau-Cambrésis, petite ville du Nord de la France qui a aussi vu naître Matisse. Il y suit assidûment les cours de dessins industriels proposés par la municipalité et apprend le dessin technique et à main levée. Ses parents sont tisserands. Les tissus de laine aux dessins géométriques de rayures, écossais, carreaux… (Usine Seydoux) ont pu influencer sa passion pour la rigueur et la structure géométrique. Une bourse lui permet de s’inscrire à l’école des Beaux-Arts de Lille en 1901 dans la classe de Pharaon de Winter. Ses premières toiles assimilent les techniques postimpressionnistes et l’art minutieusement rendu et coloré des ciels et de l’eau de la Renaissance flamande.

Herbin s’installe à Paris fin 1901. La construction frontale de ses toiles est une constante. La touche s’élargit influencée par Cézanne et Van Gogh. Dès 1905 le pinceau chargé de couleurs flamboyantes dessine directement sur la toile. Herbin séjourne en Corse en 1907 et y peint des toiles proches des oeuvres des expressionnistes allemands sans qu’y transparaissent d’aspects dramatiques. Cette même année, la rétrospective Cézanne au Salon d’automne est d’une importance majeure. Les paysages peints au Cateau ou dans les environs entre 1908 et 1910 vont participer aux recherches cubistes tout en conservant une profonde originalité. Herbin cerne les formes, d’un dessin beaucoup plus précis et géométrique qui soumet la couleur au contour. Il conserve la violence et l’audace de la couleur vive, à la différence de ses voisins du Bateau-Lavoir, Picasso et Gris. Le sujet reste très lisible car il ne décompose pas les formes. Il les aplatit, les géométrise et les simplifie. Sa renommée devient internationale. Il expose deux fois à Berlin en 1912 et à l’Armory Show de New-York en 1913 entre Braque et Gleizes. Il est acheté par les collectionneurs Wilhem Uhde, Chtchoukine et Morosov. Cette même année 1913, il séjourne longuement à Céret en même temps que Picasso, Max Jacob et Juan Gris. Il y peint des oeuvres majeures construites dans un registre de formes géométrisées dans lesquelles le sujet et la profondeur tendent à disparaître. Il les traite avec des touches de couleurs contrastées alternativement froides et chaudes.

A partir de 1926 et pendant les années 30, Herbin construit son oeuvre picturale, définitivement abstraite, sur la courbe, un rythme qu’il avait déjà privilégié et qui exprime le mouvement vital ou cosmique. Il peint des formes nettes et précises en aplat. Jusqu’en 1936, une épaisse ligne noire, comme un immense flux vital, envahit la toile dans une écriture souple et libre. Puis la palette devient plus vive et les volutes sont confrontées à des cercles, des carrés et surtout des triangles. Il fonde en 1931 le mouvement Abstraction-Création avec, en particulier, Vantongerloo, Van Doesburg, Hélion, Kupka. Herbin mène un combat en faveur d’un art humaniste qui exprime la libération sensible, morale et intellectuelle de l’individu créateur.

Les années 40 et 50 verront l’aboutissement et le développement majeur de son oeuvre. Nourri des écrits de Goethe et de Rudolf Steiner, Herbin cherche les grandes lois qui peuvent régir sa création. Il va inventer un “alphabet plastique” établissant des correspondances entre lettre, forme, couleur, et son. Désormais ses peintures s’établissent à partir d’un mot. Elles font triompher la couleur posée en aplat lisse et sans modulation dans des formes qu’il géométrise – cercle, quadrilatère, triangle – sans lyrisme ni anecdotisme. Herbin atteint un art universel, de vérité et de liberté qui englobe les autres arts. Il sera Président du Salon des Réalités Nouvelles de 1946 à 1955 et aura une grande influence sur les artistes cinétiques de l’Après-guerre et sur tous ceux qui ont mené des recherches sur la couleur et l’abstraction géométrique.

 

Artistic Rug Collection