Jean Miotte

Jean Miotte est né à Paris en 1926. Il est l’un des artistes « informels » de la première heure.

On le relie souvent au courant de l’Abstraction Lyrique, courant avec lequel il partage un goût de la gestuelle et de la forme calligraphique.

Miotte passe un baccalauréat de mathématiques. Mais dès après l’obtention de son diplôme, il décide de se consacrer à la peinture. Très rapidement, en 1945, il réalise ses premières peintures d’après nature et des compositions imaginatives. Il est alors encore figuratif. Il se met à fréquenter les atelier d’Ossip Zadkine et d’Emile Othon-Friesz à Montparnasse : dès 1947, il s’éduque aux nouvelles tendances de l’Avant-Garde française. Avec son ami Gino Severini, il s’intéresse à la notion de mouvement : Gino deviendra l’un des plus grands représentants du Futurisme italien, en tentant de rendre l’idée de mouvement à travers la figuration. Miotte, quant à lui, commence à s’exprimer à travers un langage plus abstrait.

C’est en 1950, alors âgé de 24 ans seulement, qu’il peint sa première toile abstraite. C’est là le début d’une longue aventure picturale qui le conduit à installer un atelier non seulement à Paris, mais aussi à New York et Hambourg. Il expose au Salon des Réalités Nouvelles en 1953 pour la première fois puis y participe annuellement.

Il se met à expérimenter la peinture au goudron, dans des petits et moyens formats aux tonalités sombres et très texturés, puis fait intervenir la couleur, par des coups de brosse juxtaposés et serrés qui rythment ses compositions. En 1957, il atteint déjà le sommet de son art : la spontanéité lyrique et l’écriture jaillissante prennent le pas sur ses recherches formelles. Tout devient mouvement dans une peinture à tendance monochrome où le signe et l’écriture viennent apporter une touche de symbolisme.

Après avoir acquis cette dynamique du pinceau, il revient progressivement aux tons vifs (dès 1959) et va user de touches et de coups de brosses de couleurs pures et très contrastées. Il se nourrit du travail de Léger, Matisse ou Delaunay, qui ont su transcrire le mouvement et l’émotion à travers leur colorisme.

Après avoir travaillé la texture, puis la gestuelle, tantôt rapide, tantôt allongée, et semblable à une vraie danse du pinceau – car Miotte est influencé par le Jazz alors en vogue-, le peintre s’est donc attaqué à la couleur.

Mais Jean Miotte, dans une optique Zen issue de la philosophie orientale, retourne dans les années 70 à plus de sobriété : il utilise désormais l’acrylique et a délaissé l’huile, et joue moins sur les empâtements et les effets de matières. Sa palette s’est restreinte : sur un fond blanc, il use désormais de quelques couleurs – le bleu, le rouge, le jaune… ainsi que du noir, dans une calligraphie de plus en plus affirmée.  Ses formats s’agrandissent, tout comme son geste, qui prend de l’ampleur. Les compositions des années 70 sont simplifiées et ne ressemblent plus aux compositions saccadées de juxtapositions colorées des années 1950.

A cette même période, il diversifie ses supports et techniques de création : il travaille la gouache, le collage de kraft et de nouveaux procédés d’impression. Il développe et dénoue alors un ensemble de recherches et ira même jusqu’à produire quelques sculptures.

Mais c’est véritablement l’acrylique sur toile qui reste sa prédilection. Sur des formats de plus en plus monumentaux, Jean Miotte étire dans les années 1990-2000 des plages colorées très larges sur lesquelles il applique ensuite une brosse noire, dans l’idée de la calligraphie chinoise. Il a donc fini par séparer totalement la couleur et l’écriture, ce qu’il avait initié dans son travail des années 70 : la couleur forme désormais le fond, et les signes d’écriture sont désormais noirs et s’appliquent par-dessus le fond coloré.

L’art de Jean Miotte, entre colorisme intense et gestuelle exacerbée, a tout de suite séduit. En 1953 le Musée d’Art Moderne de la Ville de Paris lui achète déjà une première toile. De son vivant, Jean Miotte crée sa Fondation à Fribourg, en Suisse. En 2002 s’ouvre un Musée Jean Miotte à New York, au sein du Chelsea Museum, avec une collection permanente de ses œuvres.

Jean Miotte est décédé en 2016.

Jean Miotte- peinture
89 x 130 cm
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Jean Miotte- peinture "Les Templiers"
65 x 100 cm
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